Il est beaucoup question ces jours-ci (au moins dans certains milieux) des « points non négociables » dont doivent tenir compte les citoyens catholiques au moment de faire leur choix électoral. L’expression a été employée par le pape Benoît XVI dans un discours de 2006. Elle est reprise avec insistance par des catholiques, pasteurs ou simples fidèles, qui semblent sensibles au poids des mots et – naïveté suprême ? – paraissent penser qu’un point déclaré « non négociable » n’offre pas matière à compromis. Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille, et il est assez facile de comprendre pourquoi. Le problème ne vient ni de Jacques Cheminade, ni de Philippe Poutou, mais du programme du PS. Il heurte de plein fouet deux des fameux points non négociables. L’« engagement 21 » promet la légalisation de l’euthanasie, sous le nom de code transparent d’« assistance médicalisée pour mourir dans la dignité » ; l’engagement 31, « mariage et adoption des couples homosexuels » (par quoi on est prié de ne pas comprendre qu’il s’agit de pouvoir adopter un couple homosexuel – ce qui ne poserait certes aucun problème moral). À partir de là, le catholique consciencieux a diverses options. Il y en a une, cependant, qui ne devrait jamais lui être ouverte, c’est celle de faire fi de la logique. La logique n’est pas négociable. C’est malheureusement le point qu’Isabelle de Gaulmyn, sur son blog de La Croix, a choisi de négocier.
Accordons sans barguigner à Mme de Gaulmyn le mérite de rappeler que les non negoziabili dont parlait Benoît XVI dans ce discours adressé à des parlementaires italiens ne sont que certains points parmi d’autres. Tout ne se résume pas à « la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à la mort naturelle », à « la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage », et à « la protection du droit des parents à éduquer leurs enfants ». Il y a aussi « la protection sociale des mineurs », « la libération des formes modernes d’esclavage », « le développement d’une économie au service de la personne et du bien commun », « la paix »… Reconnaissons, dans ce rappel bienvenu, la dialectique familière qui fait que, lorsqu’un catholique de droite brandit l’avortement et le mariage homosexuel, son frère de gauche dégaine la réforme du système économique et la justice sociale. Catholique « sociétal » contre catholique « social », le clivage a la vie dure et les rôles sont bien rôdés. On n’est pas obligé d’être original.
Mais, derechef, ça n’interdit pas de réfléchir correctement.
Je lis sur le blog d’Isabelle de Gaulmyn :
Les « points non négociables ». L’expression est à la mode chez certains catholiques avant ces élections. Pour leurs partisans, ce sont des points qui doivent déterminer l’électeur catholique dans son choix, car ils ne sont pas sujets à discussion.
Écrivant cela, la journaliste avait deux options. Soit elle voulait soutenir que les catholiques en question croient, à tort, que ces points suffisent à « déterminer l’électeur catholique dans son choix ». Soit elle voulait soutenir qu’ils croient, à tort, que ces fameux points sont « non négociables ». La première hypothèse aurait été la bonne : il est parfaitement exact que les points « non négociables », qu’ils soient trois, douze ou trente, ne permettent pas de déterminer le choix électoral. La raison en est simple. Les documents ecclésiastiques auxquels se réfèrent si volontiers ces catholiques expliquent qu’il n’est jamais permis de favoriser par son vote une loi ou un programme qui propose une mesure opposée à l’un des points non négociables. On reconnaît sans peine le vieux principe moral catholique qui veut que « les préceptes négatifs obligent toujours ». Il n’est jamais permis de faire le mal. L’Église énonce parfois clairement ce qu’on ne peut pas faire (elle a, sur ce point, de qui tenir). Il suffit donc, pour lui obéir, de ne pas faire ce qu’il est interdit de faire. Or une fois qu’on sait ce qu’il ne faut pas faire, il reste à déterminer ce qu’on va faire. Une fois qu’on sait que l’option A est fermée, on doit encore choisir entre toutes les options laissées ouvertes par la mise à l’écart de l’option A. C’est un boulot. Les interdits n’empêchent pas de délibérer.
Un catholique qui croit que les « points non négociables » permettent de « déterminer » le choix électoral commet donc l’erreur logique (et puérile) consistant à croire que l’interdiction de faire A implique l’obligation de faire le contraire de A : c’est introduire une négation de trop. J’ai rencontré moi-même, tout récemment, des catholiques qui semblaient penser que l’interdiction de voter pour un candidat promettant de légaliser l’euthanasie impliquait l’obligation de voter pour un candidat promettant de ne pas la légaliser, ou que l’interdiction de voter pour un candidat promettant d’élargir le droit à l’avortement impliquait l’obligation de voter pour un candidat promettant de restreindre celui-ci. Le cas existe donc. Mais la réponse à faire ne saurait consister – dans les paramètres de la présente discussion – à objecter qu’il y a bien d’autres objectifs à prendre en compte, qu’il n’y a pas que l’euthanasie dans la vie (si l’on peut dire), qu’il y a aussi la justice sociale et la paix universelle. La réponse consiste simplement à attirer l’attention du catholique distrait sur le paralogisme qu’il commet. S’il est interdit de faire A, il est permis de faire tout ce qui est compatible avec non-A. S’il est interdit d’empoisonner ses invités, il n’est pas obligatoire de les régaler, mais il est permis de leur servir une nourriture insipide ou infecte et, bien entendu, de n’inviter personne et de se régaler tout seul. Bref, une interdiction – on a vraiment de la peine de devoir insister – ne suffit jamais à déterminer une action. Une interdiction suffit à déterminer une impossibilité d’action : reste entièrement sauve la nécessité d’avoir à choisir parmi toutes les options demeurées ouvertes.
Isabelle de Gaulmyn avait donc un boulevard devant elle. Elle a choisi de foncer dans l’impasse, soit la seconde hypothèse : suggérer que les « points non négociables » étaient, en réalité, tout ce qu’il y a de négociable. Elle le fait en croyant pouvoir opposer la rhétorique romaine du « non négociable » à la rhétorique épiscopale française du « discernement » :
Quelle est par ailleurs l’efficacité de ce concept [de « non négociable] ? Difficile de faire une application stricte de ce « non négociable ». Prenons par exemple le document publié par les évêques de France en vue de cette élection, qui expose 13 « éléments de discernement », sur lesquels les électeurs chrétiens doivent s’interroger et interpeller les candidats, du rejet de l’instrumentalisation de l’embryon au refus de l’injustice économique, la prise en compte de l’immigration… Si on les considère comme « non négociable » [sic] alors autant aller à la pêche le jour des élections ! Aucun des candidats ne remplit parfaitement tous les critères. Mais justement, les évêques se gardent bien de reprendre l’expression « points non négociables » préférant parler « éléments de discernement ».
D’abord, ce n’est pas très cool de donner à penser que les évêques français sont plus malins que Benoît XVI, à qui est imputé la paternité du « concept » de « non négociable ». Ensuite, et surtout, on aimerait mieux comprendre la teneur de l’opposition supposée. En gros, la différence entre les deux approches se résume à la différence entre l’énumération d’interdits et l’énumération d’objectifs. Interdit : voter pour une loi qui autorise l’euthanasie. Objectif : promouvoir la justice économique (ce ne sont que des exemples parmi d’autres). Pour respecter l’interdit, il suffit de ne pas voter la loi en question. Pour respecter l’objectif, il faut proposer des moyens de lutter contre l’injustice économique. On saisit la différence : l’interdit peut être catégorique, car il se contente d’exclure une action déterminée. L’objectif, lui, est par définition en attente de détermination. Il y a forcément plusieurs manières possibles de tendre vers lui. Énoncer un objectif, ce n’est pas encore prescrire une action : c’est inviter à délibérer sur les actions possibles en vue de l’objectif. Pour le dire autrement, fixer un objectif, ce n’est pas donner un ordre. « Levez la main droite ! » est un ordre, il prescrit une action ; « rendez-vous à Paris demain à 20 heures » est un objectif, ça me laisse le champ libre pour savoir comment je vais faire pour honorer le rendez-vous.
Ce qui est sûr, c’est que, pour un catholique, les « points non négociables » constituent bel et bien des éléments de « discernement » : ça permet d’écarter des options, c’est déjà ça de pris. Le discernement doit ensuite se poursuivre pour faire son choix parmi les options qui restent. Le brave électeur catholique pourra se guider sur ses opinions politiques, s’il en a – et j’ai évidemment tendance à penser qu’il est bon qu’il en ait, et mieux encore qu’il ne croie pas que celles-ci doivent être «déterminées» par sa foi, au sens du mot dont on vient de parler. Les évêques sont dans leur rôle en complétant le document romain par une série d’objectifs qui leur semble pertinente dans le contexte concret du pays où ils se trouvent. On voit mal en quoi il serait légitime de leur prêter l’intention de se démarquer de Rome en invitant au compromis précisément sur le chapitre du « non négociable ».
Isabelle de Gaulmyn conclut son billet en évoquant la plaisante tentative à laquelle s’est livrée Rue 89. Elle consistait à attribuer des bons ou mauvais points aux divers candidats en fonction des différents critères de discernement proposés par les évêques. La journaliste trouve la tentative « absurde », ce qui est peut-être un peu fort, vu que le résultat obtenu désigne François Bayrou – un candidat qui correspond plutôt bien au profil classique privilégié, selon les études de sociologie électorale, par le catholique moyen. Mais on s’afflige surtout de constater qu’une fois de plus, « l’absurdité » n’est pas logée au bon endroit :
faut-il estimer chaque critère (protection de la vie, justice sociale…) au même niveau, ou au contraire mettre, comme les élèves dans leur moyenne scolaire, des coefficients en fonction des priorités ? Au total, la logique des « points non négociables », poussée à bout, revient à faire des électeurs des « machines à voter », en fonction de logiciels pré déterminés.
Errare humanum est, perseverare… On n’a pas affaire ici à un problème de hiérarchisation des critères et des priorités : on a affaire à la différence de statut logique entre des interdits et des objectifs. Ce n’est qu’au sein des objectifs qu’il y a lieu de fixer des priorités et d’établir des hiérarchies : c’est une nécessité qui découle des besoins de l’action ou, si l’on veut, de l’impossibilité de tout faire en même temps. Il est en revanche impossible de hiérarchiser des interdits (pas moyen pour un acte quelconque d’être « plus ou moins » interdit, il l’est ou il ne l’est pas). Et il n’y a aucune nécessité d’établir des priorités entre le respect d’un interdit et la poursuite d’un objectif. Il existe seulement la nécessité de ne pas poursuivre l’objectif en transgressant l’interdit, ou de ne pas respecter l’interdit en sacrifiant l’objectif. L’Église rappelle seulement – s’inscrivant en cela dans une tradition morale bien plus large et ancienne que l’année 2002 – qu’il y a des moyens qu’aucune fin ne justifie, et qu’il n’y a pas de fins qui justifient tous les moyens. On peut le dire dans un vocabulaire plus contemporain : aucune valeur n’est absolue au sens où son respect justifierait la violation de toute norme ; certaines normes sont absolues au sens où aucune valeur ne justifie leur violation.
Je n’aurais jamais entrepris cette laborieuse discussion si, comme beaucoup d’autres catholiques (toujours d’après les études de sociologie électorale), l’intention de voter pour François Hollande ne m’avait jamais effleuré. Il se trouve cependant que j’ai voté pour Royal en 2007, et pour des candidats socialistes lors des divers scrutins des dernières années. Je me sens donc – et qu’on veuille bien me pardonner cette exhibition de mon intimité civique – légèrement « concerné ». Lorsque j’ai lu, dans le programme officiel du Parti socialiste, les propositions suivantes :
Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assis- tance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. [« engagement 21 »]
J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. [engagement 31]
lorsque j’ai lu cela, je n’ai pas trouvé le moyen d’adhérer à ces propositions tout en respectant l’énoncé non moins clair qu’on lit dans la Note doctrinale de 2002 « sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique » :
la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne de favoriser par son vote, la mise en acte d’une loi ou d’un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits par la présence de propositions qui leurs sont alternatives ou opposées.
Suivait, dans le même texte, l’énoncé d’un certain nombre d’exemples concrets, dont ceux qui se retrouvent dans la trilogie des non negoziabili auxquels se référa plus tard Benoît XVI. Le programme du PS, en son état actuel, est incompatible avec ces divers textes (je baiserai les pieds du casuiste qui saura me convaincre du contraire). D’autres programmes pourraient fort bien être incompatibles avec certains autres critères : par exemple, un candidat pourrait proposer d’autoriser la prostitution des mineurs au nom du droit au travail, ou de fermer toutes les mosquées au nom de la lutte contre l’islamisme. Je ne voudrais pas alors « favoriser par [mon] vote » un tel candidat, au nom de l’incompatibilité de ces propositions avec « la protection sociale des mineurs et la libération des victimes des formes modernes d’esclavage » ou avec « le droit à la liberté religieuse ». Je ne le voudrais pas, quand même le programme du dit candidat serait par ailleurs conforme en tous points à mon aspiration à la justice sociale et à la paix civile.
J’aurais aimé que Mme de Gaulmyn trouve les mots pour formuler l’embarras dans lequel se trouvent placés des citoyens catholiques dont le cœur – voire la tête, car mon cœur n’a rien à voir là-dedans – penche du côté « social ». J’aurais aimé qu’elle souligne le risque pris par le candidat socialiste de s’aliéner bêtement le vote de tels catholiques, au lieu de se contenter, comme François Hollande sait si bien le faire en général, de proposer un vaste débat sociétal susceptible d’ouvrir la voie à un consensus de qualité supérieure. J’aurais même compris qu’elle signale que la droite, en général, n’a guère su donner aux catholiques des raisons sérieuses de croire qu’elle savait rester ferme sur les principes qui leurs tiennent à cœur (ou à la tête, soyons cohérents). J’aurais souscrit avec enthousiasme au propos d’une talentueuse journaliste qui aurait su mettre en mots ma confusion.
Je dois me contenter d’une série d’approximations illogiques et de sous-entendus moyennement plaisants. Je dois me résoudre à essayer de croire à ce « principe de morale pratique », dont la promulgation toute récente a dû m’échapper, car je ne l’avais jamais rencontré auparavant, voulant qu’il ne faut pas voter pour le « ‘moindre mal’, ce qui serait une vision négative, mais pour ‘le meilleur possible’ ». Un tel principe reviendrait exactement à rendre obligatoire un choix positif – comme quoi il y a de la cohérence dans l’incohérence de l’amie blogueuse. J’ai du mal à être séduit par ce mélange de terrorisme moral et d’optimisme candide – au sens du Candide de Voltaire, évidemment. Je n’ai pas la capacité mentale de croire à des choses impossibles, ni le goût des compromis onctueux.
Et par conséquent, en toute conscience, en toute logique, et malgré tous ces bons conseils, je ne sais toujours pas pour qui je vais voter. Mais ça ne sera pas pour François Hollande.
5 avril 2012 at 18:44
Vous avez pris les points 21 (euthanasie) et 31 (homosexuels) qui pour moi ne posent aucun cas de conscience et j’ai voté toute ma (longue) vie pour le parti socialiste (où j’ai milité !). Aujourd’hui, voter Hollande ou voter Sarkozy ne me semble pas une solution capable de nous éviter d’aller dans le mur. Je n’ai donc pas votre cas de conscience.
Reste un candidat révolutionnaire, capable (?) d’éviter la collision.
Ce candidat est "stigmatisé" (le mot est à la mode) pour avoir le culot de stigmatiser une partie récente (et peu civique) du corps électoral "français"(comme Richard Millet, j’ai des difficultés à dire "nous").
Là se pose la question de l’accueil de l’étranger.
Et je reviens à "César et Dieu".
En tant que citoyen d’un régime "démocratique" (en principe), j’incarne une fraction (minuscule) de César, donc responsable de défendre mon pays; alors qu’en tant que chrétien, je suis prêt à accueillir chez moi un "prochain éloigné" mais tout en restant hostile (comme le fut Charles Martel en son temps) à l’arrivée dans mon pays de masses considérables désireuses d’y installer leur mode de vie (charia) et leur organisation politique (Khalifat).
Cette brève justification satisfait ma conscience en réconciliant mon devoir de chrétien et mon devoir de citoyen même si la pensée commune (vertu chrétienne devenue folle, pour parodier Chesterton) me condamne.
5 avril 2012 at 21:27
Content de vous relire sur ce blog!
Un moment, je l’avoue, j’ai cru que vous annonciez voter Mélanchon. Je croyais que la «partie peu civique et récente de notre électorat» désignait les adeptes du néo-libéralisme…
Vous êtes, si je comprends bien, placé dans un dilemme à la Rousseau: pour lui, les chrétiens font de mauvais citoyens, justement à cause de la morale universelle qu’ils sont censés observer. Rien à dire, en ce qui me concerne. Aucune envie ni intention de vous stigmatiser. Je trouve que le programme de votre candidate est mauvais pour mon pays, mais c’est en raison de motifs strictement politiques. La morale chrétienne n’interdit pas de fermer les frontières, on n’est pas dans le «non négociable» (même si on est peut-être dans le stupide, l’illusoire ou le désastreux). Et je préfère cent fois que vous choisissiez de voter pour elle en l’honneur de Charles Martel que sous prétexte qu’elle a promis de restreindre le remboursement de l’avortement: au moins vous ne tombez pas dans les erreurs de logique que j’ai cru devoir signaler! Le reste regarde votre conscience.
6 avril 2012 at 07:44
"Je trouve que le programme de votre candidate est mauvais pour mon pays"
Rien ne vous empêche de penser ainsi.
Moi (mais j’ai le droit de me tromper et, de plus, il n’y a aucune chance de le voir s’appliquer -vous me trouvez hypocrite ?) j’ai la prétention de le trouver révolutionnaire et courageux. N’en débattons pas.
Pour revenir au sujet, j’avoue avoir cherché la provocation !
Concernant les options "non négociables", je crois que nous devons admettre que nous ne sommes pas dans une "société chrétienne" et que (Dieu merci, si j’ose dire) nous -les 15% de chrétiens- n’avons pas vocation à déterminer les règles de la société : par exemple, le mariage homosexuel m’indiffère (j’allais dire me fait rire !) et l’avortement que je bannis pour moi et mes enfants – qui au moins culturellement sont en accord avec ces principes – je ne vois pas comment l’imposer à un peuple qui n’y voit aucune faute. Même Marine dont vous citez une mesure ne vise rien d’autre que d’en éviter sa banalisation.
Maintenant entre Flamby (sélectionné par la Super Classe Mondialisée) et Sarkozy (que la SCM considère comme "one-shot"), bof …
Quant à mon ex-camarade lambertiste Mélanchon ….
Ah, j’oublais, j’aime beaucoup vos (trop rares) billets.
6 avril 2012 at 09:43
@Philarête au sujet de votre avant-dernier paragraphe : j’avais gardé le souvenir de ma lecture de Splendor Veritatis que, justement, la notion de faire le moindre mal n’était pas envisageable moralement, il qu’il valait mieux ne rien faire que de faire un mal, quelque petit qu’il soit.
En gros, l’impression (je préfère parler d’impression que de compréhension) que j’en avais était que Jean-Paul II posait en "principe" (comme une conviction liée à la foi elle-même) qu’il était impossible (Dieu ne le permettrait pas ?) de se retrouver face à un choix mauvais ou un autre choix moins mauvais.
Bref, devant le choix de Sophie, ne rien choisir et se taire (quitte à laisser tuer ses deux enfants ? mais au moins n’être acteur de la mort d’aucun).
Mais je m’empresse d’ajouter que cette encyclique m’a laissé pantois (c’est le coté "enchaînement des idées" qui me laisse encore pantois, quand j’y repense).
6 avril 2012 at 09:51
Au fait, Mgr Vingt-Trois s’est montré assez "sévère" sur la terminologie "non négociables" (http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/nouveautes/face-aux-chretiens-cardinal-andre-vingt-trois/00066894 à partir de la minute 17 — signalé par Koz sur Twitter)
6 avril 2012 at 11:41
Bonjour,
Merci pour cet intéressant article. Il y a juste un point que je ne comprends pas.
Vous écrivez : "s’il est interdit de faire A, il est permis de faire tout ce qui est compatible avec non-A". Je comprends que, de la seule interdiction de faire une action A (empoisonner ses invités), on ne puisse inférer l’obligation de faire une autre action B (régaler ses invités) ; mais s’ensuit-il la permission de faire toute action compatible avec non-A ? Je crois que non, car certaines des actions compatibles avec non-A peuvent être interdites pour d’autres raisons.
Ai-je manqué quelque chose ?
6 avril 2012 at 17:41
Là vous me laissez perplexe, Philarête…tout ça est-il bien digne de vous???vous semblez croire qu’avoir le coeur ou la tête "social" (moi aussi) devait conduire à voter "à gauche" ou pour le parti socialiste; je me rebiffe!…ce n’est pas vous!…vous semblez donner de la pertinence aux concepts de droite et de gauche tels qu’ ils sont utilisés aujourd’hui..usés, vides, creux, manipulateurs….vous!?…vous êtes fatigué.
Vous semblez croire que le programme de F; HOLLANDE fait difficulté sur deux points précis (deux points précis) ? …lisez ses réponses à "Homosexualité Et Socialisme" (HES), par exemple…c’est toute la société qui sera prise dans une nouvelle étape du réductionnisme; la "lutte contre les discriminations", la "diversité", 2, 3 autres concepts de la nov’ langue vont contribuer à écraser encore le peu qu’ il reste de réalisme et de conformité à la Loi naturelle dans les esprits…vous !?
Votre propos semble ignorer le culturel…le lien entre politique et culture…et esprit des médias, éducation nationale (pitié, pitié pour elle, libérez là de la pen,sée de gauche), formation des jeunes, formation des coeurs et des esprits, etc…vous!?
N’ y a-t-il pas un problème entre "la gauche" et la culture de mort ?
Je préfère la lucidité d’ un Fabrice HADJADJ qui ne craint pas de dire que le Planning familial (exemple d’hyper-crispation de "gauche") est quelque chose de totalitaire…oui, c’est totalitaire !…je préfère la lucidité d’ un Philippe MURAY, etc…
Vous!? Je veux arrêter Internet, je veux garder des chèvres dans les Causses.
6 avril 2012 at 21:03
@ Novice, com 4
Je n’ai pas le texte en tête, mais il me semble que si la notion de "moindre mal" n’est pas envisageable, c’est seulement lorsqu’on est confronté à ces actes que l’Eglise dit "intrinsèquement mauvais" (on ne peut choisir un tel acte sous prétexte qu’il serait un "moindre mal" par rapport à un autre). Hors ce type de cas, quand même assez particulier, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait raisonner en termes de moindre mal, dans beaucoup de décisions.
6 avril 2012 at 21:05
@ Philomètre
Vous avez raison. Je ne m’intéressais dans ce paragraphe qu’à ce qui est impliqué par l’interdiction de A, stricto sensu. Bien entendu, si on se donne un système plus complexe, il peut y avoir de bonnes raisons d’écarter aussi d’autres options, comme dans le cas que vous suggérez.
6 avril 2012 at 21:20
@ vicenzo
C’est marrant, j’étais en vadrouille une bonne partie de la journée, et en rentrant, en voiture, tout d’un coup je me suis rappelé avoir écrit cette phrase sur le "social", et ça m’est apparu stupide — exactement pour la raison que vous dites…
De toutes façons, ce billet a tout de même des prétentions limitées. Je l’ai écrit sur un mouvement d’humeur, piqué par l’agacement manifeste d’I. de Gaulmyn devant l’initiative des deux évêques Rey et Aillet. J’ai été simplement frappé par le côté totalement incohérent de son propos. Peut-être aurais-je dû m’abstenir de m’avancer moi-même sur le terrain politique (ça m’a simplement paru plus honnête de le faire, dans ce contexte). Mais l’exercice supposait en tous cas de s’en tenir aux 2 points précis visés, précisément, par la prise de parole de ces deux évêques.
Pour le reste de ce que vous évoquez, peut-être manqué-je en effet de lucidité. Mais je doute fort, malgré tout, que les maux que vous évoquez soient au cœur d’une élection présidentielle. Les acteurs qui promeuvent la culture dont vous parlez ne sont pas des élus; ils poursuivront leur travail quel que soit le résultat de l’élection — et à dire vrai je ne suis pas convaincu, pour le coup, que cet aspect "culturel" soit corrélé au clivage droite / gauche.
6 avril 2012 at 23:19
Bonjour Philarête, je suis toujours heureux de retrouver vos billets. Sur celui-ci, je vous ferai un léger reproche: le sujet n’est pas si difficile qu’il exige une telle longueur.
Sur le fond, je vais me faire le défenseur d’Isabelle de Gaulmyn. Certes, elle n’a guère explicité son raisonnement, on peut de ce fait considérer qu’il est celui que vous dites, et donc fallacieux.
Mais il ne faut pas creuser très loin pour voir que les interdits excluent bien d’autres candidats que François Hollande. Par exemple, la protection de la famille et du droit des parents à éduquer leurs enfants est largement incompatible avec les limitations du regroupement familial que propose Nicolas Sarkozy. Le programme de Marine Le Pen contient pour sa part de sévères restrictions à la liberté de religion. François Bayrou, lui, prend sur les questions des couples homosexuels des positions de compromis qui ne résistent pas au langage précis, conçu pour exclure toute contorsion, du cardinal Ratzinger : "…la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent [...] aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale." (Note doctrinal de novembre 2002).
On en arrive donc rapidement, sur le seul principe qui interdit de faire "A", à l’élimination de tous les candidats principaux. Je ne me lance pas dans l’examen des plus petits candidats, mais je serais fort surpris de trouver un résultat différent.
Par ailleurs, en ce qui concerne les évêques, ils n’invitent certes pas à se démarquer de Rome… mais quand Mgr Vingt-Trois, avec toute sa prudence d’évêque, explique qu’il ne "comprend pas le sens de cette expression, non négociable" dans un contexte électoral, qui n’est pas celui d’une négociation, il exprime une opposition nette quant à l’utilisation qui est faite du concept. C’est ce que souligne Isabelle de Gaulmyn, à juste titre.
7 avril 2012 at 10:38
Merci Philarète. J’adhère à ce raisonnement impeccable.
8 avril 2012 at 15:38
D’abord un grand merci pour billet, auquel je souscris en tous points.
Que pensez-vous de la solution, que suggère le post 11, selon laquelle aucun candidat n’étant valable, le catholique (s’il existe) pourrait voter blanc ou s’abstenir (ce qui est en l’état actuel des choses, équivalent)? Le vote blanc ne consiste-t-il pas à encourager A en croyant voter pour ni-A-ni-non-A ? Le vote blanc exonérerait-il de toute responsabilité ?
9 avril 2012 at 09:59
Moi qui ai toujours voté socialiste au second tour (quand c’était possible, donc pas en 2002) et m’efforce par ailleurs, avec les faibles moyens du bord, de n’être point trop mauvais catholique, me voilà fort perplexe après ce magistral billet. Si quelqu’un dispose d’un argument pour réfuter celui de Philarète, qu’il n’hésite pas à nous en faire profiter, cela m’arrangerait bien et m’épargnerait les nœuds de conscience que je vois poindre à l’horizon du 6 mai prochain…
10 avril 2012 at 09:27
Au train où cela va, il ne nous restera plus qu’à voter blanc. Pourquoi pas, mais, hypothèse, les cathos se mettent à voter systématiquement blanc, continueront-ils à être considérés comme des participants légitimes au débats de société ?
Je n’ai pas d’intuition forte, mais la question me semble pertinente : comment continuer à être entendu dans le débat permanent sur les grandes questions de conscience, débat qui déborde les échéances électorales, si par ailleurs nous nous retirons du choix électoral ?
Un catholique peut-il être député du parti X, Y ou Z et le soutenir globalement, même s’il refuse de voter telle ou telle loi présentée par le dit parti, mais attentatoire à ses convictions ?
Question subsidiaire du vote blanc qui en pratique peut favoriser un candidat, mais si le choix est entre la peste et le choléra, après tout quelle importance.
Il y a une logique à prôner le retrait d’une machine démocratique devenue folle, mais encore faut-il l’explorer jusqu’au bout.
10 avril 2012 at 09:41
Question peut-être saugrenue, et que je pose sur le plan moral (je ne demande pas un conseil de vote ;-)) : un catholique peut-il envisager de voter Hollande à la présidentielle (pour se débarrasser de Sarkozy, par exemple), et pour un autre parti aux élections législatives ?
dans la mesure où le programme présenté par un candidat aux présidentielles n’est applicable que s’il dispose ensuite d’un gouvernement pour l’appliquer. Donc voter Hollande ne serait pas forcément voter pour le programme de Hollande (en revanche voter pour le PS aux élections législatives serait voter pour le programme du PS).
10 avril 2012 at 10:07
@ Novice
Ce serait bien la première fois que les législatives ne donnent pas une majorité au président, mais rien n’empêche qu’il y ait une première fois…
Cela me fait penser à la question du tyrannicide. Certains théologiens, notamment jésuites, admettaient sa légitimité, au grand dam des partisans de l’absolutisme royal fondé sur le droit divin. Mais ils y mettaient une condition très restrictive : il fallait être certain que ce qui viendrait après l’assassinat du tyran serait meilleur que la tyrannie renversée. À chacun d’en juger…
10 avril 2012 at 10:31
@Aristote : ma question était plus sur la "rigueur morale" d’une démarche personnelle, sans illusion sur le résultat global (auquel on pourrait se vanter de n’avoir pas participer, si Hollande puis le PS l’emportaient aux deux élections successives).
Votre comparaison me fait à son tour penser à une autre : Desproges disant qu’on reconnaissait un catholique au fait qu’il ne se suicidait pas… à moins d’être très malheureux…
On peut supposer que tous les tyrannicides ou presque dans l’histoire ont cru que ce qu’il adviendrait après serait meilleur !
10 avril 2012 at 10:57
Koz a publié, sur son blog, un billet assez époustouflant où il applique aux programmes des divers candidats une grille, avec des coefficients — c’est-à-dire qu’il perfectionne le système exploré par Rue89. Bayrou arrive une fois de plus en tête. On peut lire ce billet ici.
Je ne sais pas cette méthode produit, ou non, des résultats absurdes. Elle fournit certainement des indications éclairantes. Mais elle présente tout de même un défaut que j’aurais tendance à considérer comme absolument majeur, sinon rédhibitoire: à évaluer le programme des candidats à l’aune de «critères de discernement» dont Koz rappelle qu’ils ne constituent pas en eux-mêmes un programme politique, on passe en réalité à côté de LA question décisive.
On est dans la politique. Il s’agit d’élire le président de la république, à qui il revient de fixer les grandes orientations du gouvernement qui sera formé dans la foulée. Notre problème comme citoyens n’est pas d’instaurer la Cité idéale, ni même de choisir celle qui s’approchera le plus de ce modèle. La politique n’a jamais consisté en cela — à moins de prendre la voie dangereuse des utopies. En revanche, la question décisive à poser, c’est: aujourd’hui, maintenant, pour nous, Français, quelles sont les priorités politiques absolues? Quels sont les problèmes et les défis que le futur gouvernement va devoir affronter, avec les moyens qui sont les siens? Bref, la question est: « Que faut-il faire, ici et maintenant?».
Eh, bien, à cette question qui est, me semble-t-il, la seule question qui ait vraiment un sens politique, la «grille», les «critères de discernement», etc., tout cela ne sert vraiment pas à grand chose: avec eux, on n’a pas commencé à se poser la question politique. On n’a pas commencé à se demander quels étaient nos problèmes politiques et comment les résoudre. On reste entièrement dans le «sociétal», avec peut-être une vague incursion dans le «social» quand il est question d’économie — mais en termes si vagues, derechef, si généraux, qu’ils ne fournissent aucun élément pour déterminer quels sont nos priorités.
Je peux tâcher d’être plus concret: j’attends en premier du futur gouvernement qu’il s’attaque à la dette publique et aux déficits. Dans l’ordre du gouvernement, de ce sur quoi un gouvernement a prise et en quoi il est légitime qu’il agisse, ça me paraît une priorité absolue. Dans d’autres domaines, comme par exemple l’éducation, l’immigration, le chômage, la défense, etc., je me fous d’un «projet de société»; j’attends une identification précise des problèmes à résoudre, des défis à relever, et j’attends des propositions d’action. Le bon candidat, selon moi, c’est celui qui trouve les mots pour dire où nous en sommes, ce qui ne va pas, et les moyens que nous avons pour que ça aille mieux. Et j’attends qu’il le fasse, en ce qui me concerne, d’une façon qui ait un sens par rapport à notre histoire, par rapport à ce que nous sommes à nos propres yeux et aux yeux du reste du monde.
Le billet ci-dessus n’avait d’autre prétention que d’indiquer pourquoi le candidat socialiste avait commis une faute en promettant des réformes «sociétales» qui ne me semblent ni urgentes, ni légitimes. Et, de façon en fait plus importante, il avait pour but de souligner la différence, l’asymétrie, qui existe entre des «interdits» et des préconisations: les premiers ont une réelle portée pratique, quoique purement négative (ils disent ce qui ne peut être fait). Les seconds, en l’état actuel des «critères de discernement» proposés, sont à peu près dépourvus de portée pratique, vu qu’ils ne permettent aucunement d’identifier les buts que nous devons nous proposer, non pas dans l’abstrait, mais compte tenu de la situation concrète où nous nous trouvons et des moyens dont nous disposons.
10 avril 2012 at 12:28
@Philarête : sauf erreur, votre billet portait sur un problème de logique pure relevant plus ou moins de l’utilisation des booléens (et, ou, sauf) et vous voyez que nous sommes immédiatement tentés d’abandonner cette approche pour poser des questions morales, ou sociétales, ou sociales. Parce que c’est plus sexy, sans doute.
En tout cas, les propos que j’ai entendu tenir par un journaliste au sujet de Bayrou me laisse penser qu’un candidat qui ne parlerait que du maintenant pour nous ne se ferait par définition pas élire.
Parce qu’en dépit de ce que devrait être la politique, l’élection semble se jouer sur la capacité, sinon à vendre du rêve, du moins à faire partager une vision ("I had a dream" peut correspondre aux charlatans comme aux prophètes).
Et donc on a envie (sans vouloir en être dupe tout de même) que chaque candidat nous dise quelle France il voit. C’est ce qui se passait quand Sarkozy parlait de l’école de Jules Ferry en 2007. Il n’était pas question de politique, il n’était pas question de décrets d’applications ou de lois pour son quinquennat visant à restaurer l’obligation pour les élèves de se lever à l’entrée du prof dans la salle de classe. Il était juste question de visions, partagées ou non.
Donc même si la politique devrait être du hic et nunc, l’élection présidentielle spécifiquement est entretenue pour rester quelque chose comme "la rencontre d’un homme et d’une nation", etc.
Vous pouvez attendre d’un candidat qu’il vous dise ce qu’il va faire concernant la dette, mais n’en attendez pas trop : s’il s’attarde trop là-dessus, il sait qu’il ne sera pas élu. Le temps d’antenne doit lui servir à partager son rêve.
Et d’ailleurs on reproche beaucoup à cette campagne de ne pas en avoir à faire partager, de rêve.
C’est vrai.
Mais l’a-t-on remplacé par des questions plus concrètes ? Non plus.
10 avril 2012 at 14:36
Philarête : "Le bon candidat, c’est celui qui trouve les mots pour dire où nous en sommes, et les moyens que nous avons pour que ça aille mieux."
Sarkozy et Hollande sont d’accord … pour réviser le permis.
Vous voyez bien, on est au bout de la vision démocratique. Il faut se préparer à un monde nouveau.
On pourrait donc aller à la pêche !
Mais on a mauvaise conscience.
Moi, socialiste de longue date … j’ai trouvé la voie (comme Tintin dans le Lotus Bleu) et je laisse les choses se faire ^^.
10 avril 2012 at 14:51
Au fait, une info (si ce commentaire est censuré, je comprendrais !):
voici ce que dit Patrick Thévenin, du magazine Têtu, dans Rue89 :
" Ce qui me terrifie le plus est de constater que les plus fidèles défenseurs de la vie prétendûment privée de Descoings [qui vivait en couple avec le patron de la SNCF] sont eux-mêmes des pédés blancs, bourgeois, friqués, bien installés, qui vont voter à gauche ».
Vous voyez, cher ami, que je ne peux pas y mêler ma voix.
10 avril 2012 at 18:46
@ Philarête: "à évaluer le programme des candidats à l’aune de «critères de discernement» dont Koz rappelle qu’ils ne constituent pas en eux-mêmes un programme politique, on passe en réalité à côté de LA question décisive."
Certes, mais voulez-vous dire par là que les critères en question ne sont d’aucune aide pour répondre à la question décisive ? Ce n’est pas l’impression que donnait votre billet, et notamment sa conclusion où vous excluez le vote Hollande.
En ce qui me concerne, si je me sers du document des évêques comme base pour une méthode par élimination, alors je ne peux voter pour personne, pour les raisons indiquées dans mon précédent commentaire. Tenant le vote blanc pour une porte de sortie trop facile et déresponsabilisante, je veux tout de même faire un choix. Ceci m’oblige alors à relativiser le "non négociable". De toute façon, il n’est pas question ici de négocier quoi que ce soit avec les candidats.
@ Wendrock: "Si quelqu’un dispose d’un argument pour réfuter celui de Philarète, qu’il n’hésite pas à nous en faire profiter, cela m’arrangerait bien".
Voyez ce que vous pouvez faire avec ma réponse à Philarête au paragraphe précédent. Je ne prétends pas que cela réfute Philarête, mais au moins cela vous laisse-t-il peut-être un peu plus d’espace.
12 avril 2012 at 19:53
Sensible à l’argumentation de Philarète et aux beaux échanges qu’elle entraîne, puis-je mettre ici, à titre de contribution et sans plus de commentaire, le texte d’une LETTRE OUVERTE consacrée à un « point non négociable » ? (Pour faire court, je l’ampute d’un Avant-propos qui en est comme l’exposé des motifs.)
LETTRE OUVERTE AUX FRANÇAIS ET A LEURS REPRESENTANTS
RESSAISISSEZ-VOUS, CITOYENS !
Je préférerais que les commentaires du blog ne servent pas à poster des messages rédigés pour d’autres contextes ou circonstances. C’est pourquoi j’ai pris sur moi d’effacer la suite de ce message, en invitant la personne qui l’a déposé a se contenter, s’il le souhaite, de donner le lien vers la lettre ouverte qu’il a rédigée.
Philarête
13 avril 2012 at 15:58
[...] Non négociable « L'esprit de l'escalier [...]
15 avril 2012 at 20:28
@gwynfrid
Merci de vous soucier de défaire mes noeuds de conscience annoncés.
Oui, effectivement, et étant entendu que je ne voterai pas Sarkozy (il ne faut pas pousser ! ) votre remarque sur le vote blanc comme "porte de sortie trop facile" me fait réfléchir.
Mais qu’en disent Philarète et les philarètiens (sur cette question du "non négociable", s’entend) ?
21 avril 2012 at 12:06
[...] que les miennes ont été publiées ces derniers jours (et même bien avant mon précédent billet ici) chez Philarête ou encore chez Henry. Je tente tout de même le coup pour ne pas me [...]
30 mai 2012 at 17:41
j’arrive tard, mais quand vous dites "Et je préfère cent fois que vous choisissiez de voter pour elle en l’honneur de Charles Martel que sous prétexte qu’elle a promis de restreindre le remboursement de l’avortement"
Je vote pour elle pour cette raison, mais ce n’est pas par stupidité: c’est juste que la réduction de l’avortement me semble être un objectif…