Alors que nous en sommes réduits à des spéculations sur le sens et le contenu de la « morale laïque » que Vincent Peillon veut voir de nouveau enseigner à l’école, les Chinois de Hong Kong, eux, n’ont guère de doute : le programme d’« éducation morale et nationale » que veut leur imposer Pékin serait l’équivalent d’un « lavage de cerveau ». C’est une délicieuse coïncidence, et loin de moi l’idée d’en tirer des conclusions sur les intentions de notre nouveau ministre de l’éducation nationale (et morale ?). La mauvaise foi a des limites. Mais puisque j’ai parlé de Mao dans le dernier billet, cette information du Daily Telegraph ne pouvait qu’attirer mon attention :
Cette année marque l’introduction [à Hong Kong] des cours d’« éducation morale et nationale », même si le programme ne deviendra obligatoire qu’à partir de 2015.
À ce jour, seules six écoles primaires, sur les 600 environ que compte Hong Kong, ont annoncé qu’elles prévoyaient d’enseigner ce cours cette année ; 155 ont dit qu’elles les mettraient en place plus tard. 118 autres ont déclaré qu’elles ne les introduiraient pas du tout.
Aucun programme complet n’a encore été rendu public, mais l’intention qui gouverne ces cours est de combler le fossé entre la Chine continentale, où les cours d’éducation patriotique sont obligatoires depuis le début de l’ère communiste, et Hong Kong, dont les résidents insistent fièrement sur leur indépendance, et affichent volontiers un mépris féroce pour certains de leurs compatriotes.
Délicieuse coïncidence, disais-je. En tous cas elle me fait réfléchir. Car il y a évidemment quelque chose de très sympathique dans les propos du ministre. Il n’a pas bûché pour rien la pensée de Ferdinand Buisson, auquel il emprunte ses meilleurs accents : « comprendre ce qui est juste », « des devoirs autant que des droits », la « laïcité intérieure », le « redressement matériel mais aussi intellectuel et moral »… tout cela, qui sort droit des meilleurs discours de la Troisième république, a le charme nostalgique des tableaux noirs, des maximes de civilité, des élèves en tablier bien alignés dans la cour, et des instituteurs bienveillants et austères.
Bien sûr, ce qui avait un sens très clair en 1910 – nul ne pouvait ignorer de quoi la morale « laïque » voulait s’émanciper – n’est plus forcément aussi transparent un siècle plus tard. J’aurais bien envie de revenir sur le sujet, quand la rentrée se sera un peu éloignée, et avec elle sa charge de travail spécifique. Mais dès à présent, il y a ces protestations de Hong Kong contre la volonté d’un État d’imposer une morale officielle : ça me gène, ça me gratte (et, avouons-le, ça me fait un peu rigoler), cette malheureuse coïncidence qui force à regarder sous un autre jour une proposition sympathique.
6 septembre 2012 at 16:09
Toujours pas de commentaire…
Pas étonnant, le thème est tellement difficile…
6 septembre 2012 at 21:32
à Aristote,
…surtout en pleine rentrée !
7 septembre 2012 at 09:27
Ce petit billet n’appelle pas forcément de commentaire, j’ai juste voulu m’amuser d’une coïncidence un peu malheureuse pour le pauvre Peillon… Mais le sujet de la morale laïque mériterait sûrement plus de réflexion: et là, comme dis Phsydémon, en pleine rentrée c’est un peu duraille!
7 septembre 2012 at 12:01
Merci, Egomet, pour le lien vers votre texte, très intéressant. On perçoit bien, notamment, que le prestige de Mao s’inscrit en fait — malgré les ruptures brutales qu’il a lui-même voulu opérer — dans une continuité de longue durée. Cela se vérifie aussi, je crois, dans l’usage subtile des symboles évoquant le culte impérial.
Je m’étonne que les nouilles ne figurent pas en bonne place dans les grandes inventions chinoises…
En tous cas vos élèves chinois avaient manifestement un meilleur niveau que ceux auxquels j’ai eu affaire il y a quelques années (en France). Mais cela vous amusera peut-être de lire ce que leurs compositions m’avait inspiré: ça se trouve ici.
7 septembre 2012 at 19:22
Il s’agissait d’étudiants en troisième année de fac de français. Avant d’arriver à l’université, la plupart n’avaient jamais pratiqué la langue qui allait devenir leur majeure. Mais ils avaient passé un concours très difficile. Leur capacité de travail était très grande. Le matin, à 8h, quand j’arrivais dans la salle, ils étaient déjà en train de travailler, spontanément.
J’ajoute qu’en Chine, on n’a pas peur des apprentissages bêtes et méchants et de la mémorisation. On répète en chœur même à la fac! Pour la formation de l’esprit critique, les méthodes chinoises ne sont pas brillantes, mais pour tout ce qui est technique, c’est redoutable.
C’était un pur bonheur de les voir progresser en deux ans seulement. Au programme de la troisième année: littérature française, civilisation, composition etc.
7 septembre 2012 at 19:39
A Philarête
Je viens de lire votre article sur vos étudiants chinois. C’est très bon. Ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs.
J’aime bien aussi la mise en perspective. Je n’avais jamais pensé les habitudes de table sous l’angle de l’individualisme et de l’holisme. En Chine, je trouvais tout simplement leurs usages conviviaux et sympathiques. Il est très facile, dès qu’on est en groupe, de manger de dix plats différents dans un même repas.
Et c’est très vrai que les Chinois ont besoin de peser leurs mots, surtout devant une autorité comme un professeur. Il y a eu deux moments ou des élèves ont contesté ce que je disais. La première fois, c’était un cours de composition, je leur demandais de répondre à la question en pesant le pour et le contre. Bref, je leur faisais une petite initiation à la dialectique. Une élève est sortie de la salle. Et la meilleure de la classe encore! Je suis allé la rechercher en laissant tous les autres travailler. La deuxième fois, c’était un cours de civilisation, quand j’ai dit: "Du point de vue français, la Chine n’est pas une démocratie." Ça a jeté un froid. Délicieux!
Je vais aussi poster sur mon blog les articles que j’ai rédigé à propos de la presse chinoise. Ce sera un bon prolongement.
7 septembre 2012 at 21:05
à Egomet
Rien que pour mettre mon grain de sel dans la conversation, je signale que le Petit Robert attribue un "h" aspiré à "holisme", comme à "hollandais" et à "homard" et contrairement à "histoire" et "homélie" qui ont un "h" muet.
Si l’on suit les indications de Robert, on devrait donc dire LE holisme et non pas l’holisme, ce qui me fait terriblement penser à Lolita (on a les fantasmes qu’on peut…)
En tout cas, il n’y a pas là de quoi déterrer un "h" de guerre !!!
7 septembre 2012 at 22:49
Puisque tu veux jouer à ça… Dis-moi quelle version du Petit Robert tu as. Dans le millésime 2008, je ne vois pas ce "h" aspiré.
D’ailleurs, il me semble que pour les mots issus du grec on a généralement un "h" muet, à la différence par exemple des mots issus des langues germaniques. Je crois que la seule exception est "héros", mais pas "héroïne", pour des raisons évidentes.
Quant à tes fantasmes, tu en portes seul la responsabilité.
8 septembre 2012 at 19:08
J’ai la version 1996: un grand cru !
Si le petit Robert a supprimé le "h" aspiré de "holisme" depuis, alors je dis :
"tout fout l’camp!"
8 septembre 2012 at 19:19
à Egomet (encore)
" il me semble que pour les mots issus du grec on a généralement un “h” muet, à la différence par exemple des mots issus des langues germaniques."
"Héros" aussi vient du grec et on ne dit pas un "néros"…
D’autre part l’hégélianisme vient d’Allemagne…
Bon mais je t’accorde que ta règle sur le "h" aspiré est valable "hôs epi to polu".
Ce qui veut dire qu’elle souffre exception.
Et, de ma part, elle souffrira celle-ci.
10 septembre 2012 at 13:37
Pour en revenir à la Chine, pour ceux que ça intéresse, je signale l’excellente émission du 7 septembre dernier, du magazine «Nous autres» sur France Inter: enregistrée à Pékin, on y entend parler tour à tour de vieux communistes nostalgiques, qui se retrouvent au parc pour chanter des chants révolutionnaires, et ensuite d’autres Chinois qui, se livrant peu à peu, font entendre tout le mal que le communisme leur a fait. C’est émouvant, vivant, très bien réalisé, et on peut l’écouter ici.
10 septembre 2012 at 16:11
Philarête,
Arrêtez avec ces trucs de vieux nostalgiques enterrés par l’histoire et tout le mal qu’elle leur a fait et qui s’agitent en faisant de la gym!
Ou bien prenez votre ticket pour the nigth of the living dead!
Enfin, quoi, vous n’êtes tout de même pas en train de vous dresser sur votre lit de mort. J’ai bien perçu que vous comptez foutre la trouille à toute la maisonnée.
13 septembre 2012 at 21:28
[...] que Vincent Peillon souhaite inscrire la morale laïque au programme scolaire – ce qui amuse mon ami Philarête - le gouvernement s’embourbe dans le dossier Pulvar-Montebourg- Pigasse, faute [...]
17 septembre 2012 at 11:03
"réduits à des spéculations sur le sens [...] de la «morale laïque»"
Pour sortir de cette horrible inconnue il suffit d’écouter Peillon lui-même :
"La "morale laïque" expliquée par Vincent Peillon"
http://antennerelais.canalblog.com/archives/2012/09/05/25040238.html
20 septembre 2012 at 09:33
J’ai mis sur mon blog un article à propos de la presse chinoise. J’y examine en particulier le traitement des informations diplomatiques. De grands moments de propagande!
L’article n’est pas tout récent mais l’essentiel reste encore valable.
http://egomet.sanqualis.com/?p=179#more-179
21 septembre 2012 at 21:29
Pour revenir au contenu du billet, le rapprochement avec la Chine est sympathiquement irrévérencieux.
Mais je ne peux m’empêcher de penser que remettre à l’honneur à l’école un enseignement de morale laïque, ou plutôt un enseignement laïc de la morale, ne ferait pas de mal. Il n’est pas bon que des jeunes refoulent des questions qu’ils ont sur le coeur.
Maintenant, comme pour l’ECJS, ce qui fait la qualité de l’enseignement , c’est avant tout la qualité des enseignants… Il ne serait donc pas étonnant que le pire côtoie le meilleur. Toujours est-il qu’en matière de morale, l’essentiel est que les enfants et les jeunes puissent prendre conscience que les questions qu’ils ont sur le coeur peuvent être posées, faire l’objet d’une analyse, prêter à discussion.
Dire des banalités est un premier pas pour se délivrer des préjugés: car on ne peut prendre conscience de leurs insuffisances qu’après les avoir énoncées et reconnu la part de vérité qu’elles contiennent.
21 septembre 2012 at 21:33
Tiens, je crois que ce serait un beau sujet de réflexion :
Enseignement de la morale laïque ou enseignement laïque de la morale ?
(Oui: je viens de vérifier "laïque" s’écrit toujours avec "qu" quand il s’agit de l’adjectif. Au temps pour moi.)
23 septembre 2012 at 16:14
Il est effectivement important de poser les questions morales à l’école.
Mais je reste inquiet, tant que nous ne savons pas quels seront précisément les contenus. Les règles évidentes de la vie commune suffisent-elles à occuper des cours pendant toute la durée de la scolarité?
Par ailleurs, sur quoi est censée reposer l’évaluation de la morale? Peillon a annoncé des notes.
Cette proposition reste trop floue pour qu’on puisse s’en faire une idée. Les définitions restent à donner. Nous ne les aurons que dans d’obscures circulaires, auxquelles le public n’accordera que très peu d’attention, ou pire, dans les manuels eux-mêmes. A ce moment-là, il sera trop tard pour débattre. La propagande s’imposera avec toute la force de la loi.
23 septembre 2012 at 21:00
à Egomet
"Cette proposition reste trop floue pour qu’on puisse s’en faire une idée".
Il y a tout de même le précédent du Guide républicain distribué en 2004 à tous les professeurs de lycée à l’occasion de l’introduction de l’ECJS.
Le lire fut pour moi une bonne surprise. Les textes choisis étaient de bonne qualité et donnaient à réfléchir. Il montrait également qu’on peut donner un tour concret et à l’abri de toute propagande à la morale à condition de s’appuyer sur notre riche patrimoine littéraire.
D’autre part, donner un enseignement laïque sur la morale aura l’avantage de faire prendre conscience aux élèves que les questions de morale ne relèvent pas purement et simplement de la croyance religieuse (préjugé désastreux, en particulier mais pas seulement, chez les élèves de confession musulmane) ni purement et simplement de l’opinion subjective puisque l’on peut avancer des arguments en la matière.
Enfin, la littérature française est suffisamment riche pour donner la possibilité à des enfants même très jeunes de s’instruire intelligemment en matière de morale: ne sommes-nous pas au pays de La Fontaine, de La Bruyère et de La Rochefoucauld ? Il y a de là quoi faire trois concertos en "La" majeurs…
Et puis, pour les petits enfants, étudier la morale avec La Fontaine, cela coule de source !
24 septembre 2012 at 10:46
On verra bien…
24 septembre 2012 at 19:21
On verra certainement beaucoup de sottises, des professeurs qui feront de la propagande en cours de morale pour des causes militantes etc. Et surtout on en entendra parler. Mais il faut se rappeler que dans le domaine éducatif, comme en beaucoup d’autres, ce qui fait du bien fait peu de bruit et que l’on parle surtout de ce qui va mal…
25 septembre 2012 at 14:20
@ Physdémon,
verbatim: "ce qui fait du bien fait peu de bruit et que l’on parle surtout de ce qui va mal…"
Il vous arrive donc d’être lucide sur votre pessimisme intrinsèque (quand vous le prêtez aux autres)?
25 septembre 2012 at 21:31
à tschok,
Vous me trouvez pessimiste ?
C’est sans doute parce que les sujets que nous abordons ensemble sont ceux sur lesquels j’ai quelques raisons d’attendre peu de bien de l’avenir.
Mais nous n’abordons pas ensemble tous les sujets qui m’occupent l’esprit, loin de là…
27 septembre 2012 at 20:35
à Egomet et tschok,
Il y a tout de même des choses qui se passent dans notre système éducatif et qui me mettent en colère.
En voici quelques-unes :
_ l’abandon scandaleux de l’enseignement de la grammaire française en collège : des élèves arrivent en khâgne qui ne savent pas ce que veulent dire épithète et attribut.
_ l’abandon de l’enseignement des déclinaisons en allemand : on s’étonne ensuite que les germanistes abandonnent l’étude d’une langue dont les règles leur échappent : et pour cause puisqu’ils sont supposés les apprendre sans qu’on prenne soin de les leur enseigner !!!
_ le fait que des inspecteurs persécutent les enseignants qui s’efforcent de préserver la qualité de leur enseignement en enseignant en plus des programmes officiels les règles de base de la grammaire française ou d’autres langues.
_ le fait qu’on commence à trouver de jeunes enseignants en lettres qui non seulement n’ont jamais fait de latin mais ne maîtrisent plus les règles de grammaire… En effet, au niveau de l’enseignement supérieur, les querelles de chapelle entre grammairiens sont tellement violentes que les étudiants y perdent leurs repères.
Evidemment, tout cela ne fait pas la une des journaux, alors que le malaise est réel.
Le mal aussi peut progresser sans faire de bruit…
28 septembre 2012 at 14:55
Une tribune de Vincent Peillon et de Najat Vallaud-Belkacem dans le Monde:
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/25/pour-plus-d-egalite-entre-filles-et-garcons-a-l-ecole_1765510_3232.html
Je pense que ça permet de se faire une idée. On y trouve quelques monstruosités.
"La réussite scolaire des filles aux examens et la relative surreprésentation des garçons parmi ceux qui décrochent de notre système scolaire n’est-elle pas le signe que l’école compense largement les inégalités de genre ?"
J’avoue que je trouve cette phrase très osée.
"La loi qui prévoit des séances d’éducation à la sexualité de la maternelle à la Terminale doit être rendue effective partout sur le territoire, dans toutes les écoles, tous les établissements."
Quelqu’un peut-il m’expliquer concrètement ce que signifie éducation à la sexualité en maternelle? Ça me rappelle un peu le Meilleur des mondes. Mais la référence est peut-être un peu excessive…
28 septembre 2012 at 15:03
à Physdémon :
Merci pour ces rappels sur l’enseignement de la grammaire. J’ai payé pour savoir combien la crise est grave!
Il y a trop de choses qui posent problème en même temps. Il devient impossible de faire entendre raison à nos réformateurs, car on ne sait plus à quelles revendications ou à quels avertissements il faut donner la priorité. Combien de pétitions circulent en ce moment?
Je constate que les objectifs politiques ont pratiquement évincé le bon sens pédagogique. Les termes mêmes du débat sont complètement faussés.
28 septembre 2012 at 17:04
à Egomet
L’enseignement à la sexualité à la maternelle va devenir très prude sous l’influence de Judith Butler.
Comme la différence sexuelle "naturelle" est elle-même une construction culturelle, comme les enfants scolarisés en maternelle n’auront pas encore acquis la culture suffisante pour différencier filles et garçons, on s’abstiendra de leur parler du sexe, chose qui n’existe pas.
Le sexe rejoindra ainsi le bon Dieu et le père Noël parmi les non-êtres dont l’évocation n’a pas sa place à l’école.
28 septembre 2012 at 17:15
à Egomet,
En lisant Peillon, j’avais l’impression qu’il disait 3 choses :
1) Actuellement les filles réussissent mieux que les garçons à l’école.
2) Or, les femmes ont des carrières professionnelles inférieures à celles des hommes.
3) Donc pour compenser les frustrations professionnelles des femmes, on va accroître encore le suréchec scolaire des garçons à l’école.
J’ai toujours eu une confiance modérée dans la phénoménologie pour former l’esprit à la logique, mais là je dois reconnaître que d’avoir fait une thèse sur Merleau-Ponty, ça lui a appris à raisonner ferme, au ministre !
28 septembre 2012 at 18:02
Accuser un pédagogue de vouloir faire un nivellement par le bas relève souvent du procès d’intention, mais pour le coup…
28 septembre 2012 at 20:21
à Egomet,
Ce qui me fascine, c’est le caractère extrêmement stéréotypé de ces discours dénonçant les inégalités entre hommes et femmes. On s’obstine à vouloir dénoncer des inégalités en faveur des hommes là où visiblement se produit un phénomène inquiétant de dégradation de la condition masculine.La dénégation tient lieu d’analyse, si j’ose dire une phrase à double sens…
Du coup, on élimine toutes les hypothèses qui pourraient contribuer à expliquer le suréchec scolaire masculin : par exemple la multiplication des familles monoparentales ou des familles recomposées pourrait plus nuire aux garçons qu’aux filles: élevés sans père ou par un autre homme que leur père, les garçons manqueraient de modèle à qui s’identifier et se confronter à l’adolescence, alors que les filles, élevées par leur mère, souffriraient sans doute moins de la situation.
Mais dire cela serait reconnaîtrere qu’il y a de nos jours un domaine où s’exerce une inégalité sociétale criante au profit des femmes : le divorce et plus précisément le partage de la garde des enfants.
Ce que je dis est juste une hypothèse parmi beaucoup d’autres, dont des hypothèses d’inspiration biologiques écartées avec dédain par nos chercheurs en sciences humaines: pour eux, les hormones cessent d’exercer une influence sur le comportement humain à l’entrée des salles de classes…et des laboratoires de sociologie…
En tout cas, l’existence de cette langue de bois tend à prouver que les idéologies partisanes inspirent bien plus les travaux des pédagogues officiels que les recherches scientifiques sérieuses…
1 octobre 2012 at 17:12
Oui, Physdémon, je vous trouve pessimiste.
Pour les deux raisons que vous visez vous-même, d’ailleurs: vous attendez peu de l’avenir et vous êtes un homme en colère.
La combinaison des deux est un bon "béton" du pessimisme. Même si votre pessimisme n’englobe pas tout (heureusement quand même!), on ne peut pas faire autrement que se dire qu’il est une fondation importante de votre être et que vous y tenez.
Cela dit, je suppose que vous êtes capable de regarder un tableau électrique sans redouter que les plombs claquent?
12 octobre 2012 at 11:41
Les noms des "experts" chargés de définir la morale laïque:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/12/01016-20121012ARTFIG00310-une-troika-pour-instaurer-la-morale-laique-a-l-ecole.php
Ça vous dira peut-être quelque chose.
26 avril 2013 at 18:19
Remise du rapport de la mission sur l’enseignement de la morale laïque:
http://multimedia.education.gouv.fr/2013_moralelaique_dossier_presentation/files/assets/downloads/publication.pdf
Ça peut aider à y voir plus clair.