Lorsqu’un des journaux les plus influents du monde annonce en première page un scandale retentissant, que la nouvelle est reprise à l’unisson par la presse internationale, et qu’une semaine plus tard le fameux scoop se révèle être un piteux montage, les gens naïfs s’attendent à des excuses. Je dois en faire partie, car lorsque j’ai vu, dans le même grand journal, un éditorial intitulé « Un temps pour la contrition », j’ai cru que le temps des excuses était venu.

Une minute et demie plus tard, une fois l’article lu, mon espoir s’était mué en stupeur, et la stupeur en colère noire. Pas un instant le journal ne semble avoir eu l’intention de battre sa coulpe. La contrition, une fois de plus, c’est pour les autres. Plus exactement : pour « l’autre », au singulier, pour le coupable universel désigné depuis un mois à la vindicte populaire, j’ai nommé le pape Benoît XVI. Sali en première page une semaine plus tôt, c’est encore lui qui doit se repentir une fois avéré que l’accusation portée n’avait aucun fondement !

Il y a vraiment, comme le disait koz plaisamment dans le même contexte, des bourre-pifs qui se perdent.

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