Nota bene : Cet article a été mis à jour quelques heures après sa publication (voir ci-dessous).

Il est 11h30, ce 2 novembre (jour des morts), et je cherche toujours en vain, sur le site du journal Le Monde, une information quelconque sur la tuerie survenue à Bagdad durant une messe, dimanche dernier. Libération titre «58 morts après le carnage d’Al-Qaeda dans une église à Bagdad». La Croix fait sa Une d’aujourd’hui sur cet événement sanglant. Le Monde n’a pas l’air au courant qu’il s’agit d’un des épisodes les plus meurtriers du long calvaire des chrétiens d’Irak dont la communauté, depuis l’invasion américaine de 2003, s’est réduite d’un tiers — conséquence de l’exode provoqué par la persécution dont ils sont victimes.

Petit rappel grâce à La Croix:

Bien antérieure à l’islam, la communauté chrétienne irakienne est considérée comme l’une des plus anciennes du Moyen-Orient.
Aujourd’hui, on estime que les chrétiens d’Irak ne représentent plus que 3 % de la population, soit environ 600 000 personnes. À la fin des années 1980, ils étaient 1,2 million, sur 23 millions d’habitants. Ce qui signifie que la moitié d’entre eux ont fui depuis les années 1990 à cause de l’embargo infligé au temps de Saddam Hussein, puis du fait des violences déclenchées par l’invasion anglo-américaine de l’Irak en 2003.

(…) La plus importante communauté est celle des chaldéens (environ 350 000 fidèles). Catholique, sa langue liturgique est l’araméen [la langue du Christ, précise le blogueur].

La communauté syrienne-catholique, meurtrie par l’attentat de dimanche 31 octobre, est de taille plus modeste, environ 40 000 membres, héritière du schisme nestorien, avec les syriens-orthodoxes (30 000 en Irak).

Le silence du Monde est une bien triste métaphore de celui d’une large partie de l’Occident sur le sort de ces chrétiens. Comme s’il était déjà admis qu’ils n’ont vraiment rien à faire dans ce Proche-Orient où sont pourtant une partie de nos racines.

Mise à jour à 17:50: l’information semble bien s’être trouvée sur le site du Monde, dès le 31 octobre, hélas d’abord recouverte par d’autres nouvelles, avant de recevoir le traitement qu’elle mérite. L’éditorial du Monde daté du 3 octobre est consacré à l’exode des chrétiens d’Irak. Je laisse mon billet pratiquement en l’état, d’abord parce qu’il contient tout de même quelques informations avérées, ensuite parce qu’il témoigne, pour ma confusion, du risque de réagir «à chaud» – sans laisser l’esprit de l’escalier fonctionner à son rythme… Merci à Physdémon et Gwynplaine de leur promptitude à me corriger.