Aujourd’hui, l’Escalier donne la parole au savant britannique John Cleese, qui expose en quelques minutes la teneur et les enjeux de la récente découverte du «gène de Dieu», appelé aussi parfois le «gène de la foi». Certaines publications sérieuses se sont déjà fait l’écho de cette avancée décisive dans la mise au jour des déterminations mécaniques de nos attitudes apparemment les plus réfléchies (ou, comme on voudra, les plus irrationnelles). Jamais, cependant, les arguments n’ont été présentés, je crois, avec la clarté, l’élégance et, il faut bien le dire, la rigueur qui ont gagné à John Cleese, depuis longtemps, l’admiration des auditeurs les plus exigeants. [Mise à jour : avec la traduction!]

Et puis, pendant qu’il cause, Philarête en profite pour faire face aux multiples occupations qui l’attendaient au tournant de 2011.

Une transcription, voire une traduction de l’exposé du Dr Cleese, est envisageable, mais il serait imprudent de faire ici la moindre promesse – l’année qui commence s’annonçant à peine suffisante pour tenir toutes celles qui ont été formulées sur ce blog en 2010.

Mise à jour quelques heures plus tard – rien que pour confirmer, une fois de plus, que les promesses les plus faciles à tenir sont souvent celles qu’on n’a pas faites : voici justement la traduction de l’essentiel de l’exposé ci-dessus. Ça m’ennuierait, après tout, que certains passent à côté d’une occasion de s’instruire.

Hello. Nous, scientifiques, avons désormais localisé un gène dont nous, scientifiques, croyons qu’il donne aux gens le besoin de croire en Dieu. En d’autres termes, ce « gène de Dieu » diffuse dans notre corps des substances chimiques qui créent l’impression que l’univers a un sens.

Et ce gène de Dieu est précisément ici, entre le gène dont nous, scientifiques, savons désormais qu’il nous fait manger des glaces à la noix de coco après un dîner de poisson, et ce gène-ci, qui fait que les gens avec un ego fragile cherchent avec acharnement des explications simples.

La découverte de ce gène de Dieu est un grand pas en avant dans notre quête pour montrer que tout élément du comportement humain s’explique de façon mécanique. Car nous avons également localisé désormais le gène qui fait que certaines personnes croient que tout élément du comportement humain peut s’expliquer de façon mécanique.

Et ce gène est ici, juste à côté du gène qui vous fait aller les films de Nicholas Cage – donc voilà un autre mystère de résolu – et juste en-dessous de ce gène-là, qui vous fait oublier que depuis les années 1920 la théorie quantique a définitivement détruit l’idée que toute chose peut être expliquée mécaniquement.

Or ce gène, qui nous fait oublier ce fait évident est très dominant chez certaines personnes, moi en particulier.

Et nous, scientifiques, savons désormais qu’il est étroitement lié à ce gène, ici, qui vous donne une personnalité si faible que vous vous accrochez à tout ce qui peut vous procurer un peu de sécurité émotionnelle, qu’il s’agisse du fondamentalisme religieux ou d’une vision réductionniste de l’univers…

On rigole, on rigole, mais il y a beaucoup de bonne philosophie dans ce sketch.