Nulle proposition ne fut, en son temps, plus propre à choquer l’opinion que celle que formulait Durkheim au seuil de son fameux livre sur Le Suicide :

Chaque société est prédisposée à fournir un contingent déterminé de morts volontaires (Durkheim, Le Suicide, Paris, PUF, p. 15).

On tenait jusque là pour évident que le suicide était par excellence un acte relevant de la psychologie individuelle. L’implacable étude des statistiques révélait qu’il obéit en réalité à de puissantes déterminations sociales. Loin que l’individu soit souverain pour décider de sa mort, loin que le désespoir ou l’ultime bravade puissent expliquer entièrement la décision de mettre fin à ses jours, il apparaissait que le suicide était un acte « social » par excellence.

C’est la société, en effet, qui fournit à l’individu non seulement les moyens, mais les raisons et jusqu’à l’occasion de la quitter. Tout ce qui fait qu’on est inséré dans un groupe social – par le métier, le lien conjugal (ou son absence), la religion, le degré d’instruction, etc. – explique aussi qu’on puisse choisir d’accomplir ce que la morale traditionnelle considérait comme l’acte « anti-social » par excellence. D’où l’affirmation de Durkheim : chaque société, par sa structure et ses valeurs propres, pousse dehors avec une inquiétante régularité certains de ses membres. Paradoxe suprême : elle le fait en leur donnant les moyens d’être les acteurs et non les victimes de cet exit définitif. La société fournit des morts volontaires.

Cette proposition du maître de la sociologie française m’est revenue avec insistance à l’esprit, lorsque la Commission des Affaires sociales du Sénat adopta, il y a quelques jours, un texte visant à légaliser l’euthanasie. Ramenée à l’essentiel, en effet, l’affaire revient à conférer à la société le devoir de fournir un « contingent de morts volontaires ». Si la loi était votée, des médecins seraient amenés à donner la mort à ceux qui en font la demande, et cet acte serait revêtu de toutes les apparences d’une ultime prestation sociale.

De l’élimination du patient par l’effacement de l’agent

Ce qui est absolument frappant, dès qu’on lit le texte qui sera demain proposé au vote des sénateurs, c’est le soin mis par les rédacteurs à effacer les traces de cette intervention active de la société pour éliminer un de ses membres. S’il s’agissait d’un roman policier, on parlerait de crime parfait : le vieux coup du meurtre maquillé en suicide.

Voici le texte de l’article premier, né de la synthèse de trois propositions de loi que le hasard a fait atterrir au même moment sur le bureau de la Commission des Affaires sociales :

Toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier, dans les conditions prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur.

Il se peut que la première partie de l’article soit à ce point pathétique que nos yeux embués ne soient plus attentifs à ce qui vient ensuite. C’est pourtant là qu’il faut les ouvrir grands : à partir de « bénéficier (…) d’une assistance médicalisée, etc. ». Le pathos n’étant pas favorable à la réflexion, même (ou surtout) en une matière si grave, c’est à la deuxième partie du texte que je veux prêter attention.

Je passe vite sur ce verbe, « bénéficier » – sauf à noter qu’il a pour sujet la « personne capable majeure, etc. », et que c’est la dernière fois qu’un sujet personnel porte encore la phrase. Après, tout devient confus.

Quand on lit, en effet : « d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur », on cherche en vain la mention d’un agent. Le texte gomme avec application toute mention qui permette de comprendre qu’une personne réclame d’une autre l’acte provoquant sa mort. On donne à penser qu’il n’y a dans cette affaire qu’un seul individu concerné, celui qui demande, alors que la demande ne peut être satisfaite sans l’intervention volontaire d’un autre agent, celui qui donne la mort. La société porte le coup fatal, et efface derrière elle les traces de son intervention.

Je devance tout de suite la réaction incrédule : bien sûr que tout le monde comprend ce que ce texte veut dire ! Tous les journaux ont titré sur cette nouvelle tentative pour légaliser l’euthanasie – peut-être la dixième du genre en quelques années, et les partisans de l’euthanasie n’ont pas non plus cherché à dissimuler leurs intentions. Seulement, de tous les textes proposés sur le sujet au fil des ans, celui qui sera mis au vote le 25 janvier est celui qui va le plus loin dans la tentative de faire passer l’homicide pour un suicide : pour donner à croire que la mort donnée à autrui avec la bénédiction du peuple est en réalité l’accomplissement de la seule volonté de la victime.

L’effacement du second agent commence par la dissimulation de son intervention sous la formule : « une assistance médicalisée ». Elle tend à placer l’équipe médicale en position d’adjuvant entièrement asservi à la volonté du candidat à l’euthanasie – et, à la vérité, d’un adjuvant dénué d’initiative personnelle. C’est ainsi qu’on parle, dans les hôpitaux, de patients qui sont « sous assistance respiratoire » : habituellement, l’assistance est fournie par un appareil qui aide le patient à respirer. Ce n’est pas comme si une bonne âme lui faisait le bouche à bouche – situation où il faudrait bel et bien deux agents pourvus l’un et l’autre de capacités d’action.

Ce terme d’« assistance médicalisée » a manifestement fait l’objet de discussions en commission. Les textes proposés à l’origine étaient moins embarrassés. Certains parlaient, nous apprend le rapport de la Commission, d’une « aide », voire d’une « aide active à mourir », et l’un d’eux, la proposition « Fischer », précisait que cette aide constitue une « euthanasie volontaire ». Tout cela a disparu du texte final au profit de l’« assistance médicalisée », dont le rapport dit qu’elle « souligne que la décision est celle du patient ». Minute, papillon ! Les médecins ne sont pas des robots. Il faudra bien que l’un d’entre eux décide d’accéder à la demande du patient.

« Aide » pouvait avoir l’inconvénient de suggérer que quelqu’un d’autre est impliqué dans l’opération. Une aide est quelque chose que l’on sollicite, mais qu’il revient à la personne sollicitée d’accorder. L’assistance a l’avantage de pouvoir être mécanique – comme dans la « publication assistée par ordinateur ». La même intention d’effacer l’autre agent préside à la suppression de l’adjectif « active », que le rapporteur ne juge « pas indispensable ». Exit l’aide, exit l’action. Exit, du même coup, l’agent – le seul agent incontestable dans l’opération, c’est-à-dire celui qui tue.

Le rapporteur a aussi reculé devant le mot d’euthanasie. Il estime que ce mot « est devenu l’enjeu de débats éthiques importants, mais sans lien avec l’objet des propositions de loi, depuis le développement au XIXe siècle des politiques eugénistes. » On ne saurait en effet prendre trop de précautions pour prévenir ce genre de rapprochement malencontreux. Il doit au contraire être entendu que cette nouvelle tentative de légaliser l’euthanasie s’inscrit dans la parfaite continuité de l’essor des soins palliatifs suscité notamment par la loi de 2005, dite Leonetti. Le rapporteur ne dit-il pas que l’euthanasie sera « la dernière étape du “prendre soin” » ? N’apprend-on pas par le rapport que M. Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit à mourir dans le dignité (ADMD), avait soutenu lors de son audition, que « ce sont les mouvements en faveur d’un droit à la mort assistée qui ont d’abord promu, et qui continuent à promouvoir, le développement des soins palliatifs » ?

(Ceux que cette affirmation ne ferait pas sursauter se reporteront avec intérêt à n’importe quelle histoire des soins palliatifs. Que s’ils ont quelque peine à entrevoir la filiation rattachant l’ADMD aux « Dames du Calvaire » de Jeanne Garnier, aux « sœurs de la Charité » de Londres et Dublin, au St Christopher’s Hospice fondé par Cecily Saunders, eh, bien, qu’ils demandent à M. Romero d’expliquer sa conception de l’histoire… Et tant qu’ils l’auront sous la main, qu’ils en profitent pour lui demander au nom de quelle conception du droit constitutionnel la confrérie de la bonne mort qu’il préside, apparemment, a pu proclamer que l’adoption du texte par la Commission des affaires sociales du Sénat était une « première fois dans l’histoire de notre pays » alors qu’en 2009 un texte comparable a été soumis au vote de l’Assemblée nationale : s’il y a déjà eu un vote, c’est qu’un autre texte au moins avait déjà franchi l’étape de la Commission parlementaire.)

Le résultat de ces subtiles manœuvres est qu’aux termes du texte adopté, l’équipe médicale est réduite à la position d’instrument passif de la décision du patient. Curieusement, alors qu’il est question d’agir en vue de faire disparaître un patient, le premier souci des sénateurs semble avoir été d’éliminer l’agent… Ce n’est pas un agent qui est sollicité mais, comme le dit merveilleusement le rapporteur, « la compétence technique du médecin », entièrement asservie à « la volonté de la personne en fin de vie ». L’exaltation de l’autonomie d’un individu conduit ainsi, de façon plutôt paradoxale, à nier l’autonomie de ceux qui seront les seuls véritablement « actifs » dans l’acte d’euthanasier.

Permettre de mourir ou faire mourir ?

De cette assistance médicalisée, il est dit qu’elle permet une mort rapide et sans douleur. Il est précisé que cette permission s’accompagne d’un « acte délibéré ». Contrairement à ce que ces derniers mots pourraient laisser penser, l’effacement de tout agent actif de l’acte de donner la mort se poursuit mot par mot.

Permettre à la mort de survenir, en effet, ce n’est pas du tout pareil que la faire survenir – en bon français, la provoquer, bref, en bon français plus court : « tuer ». C’est toute la différence entre ce qui permet à quelque chose d’arriver, et ce qui fait arriver quelque chose, c’est-à-dire entre ce qui rend possible un événement et ce qui le provoque.

Si vous glissez vers un précipice – ce qu’à Dieu ne plaise – et que je m’écarte pour vous laisser passer, je vous permets de tomber : j’aurais pu vous arrêter, mais je laisse la chute se poursuivre. Si je vous pousse, en revanche, c’est moi qui vous fais tomber. C’est moi qui provoque la chute. Si  je vous pousse, mais sur votre demande, alors nous sommes peut-être deux à porter la responsabilité de la chute – mais on voit mal comment l’on pourrait prétendre que vous êtes tombé tout seul. Or c’est exactement ce que tend à suggérer le texte de la proposition de loi : comme si l’on pouvait faire rentrer le cas d’euthanasie dans la catégorie du « laisser arriver », alors que la seule pertinente est celle du « provoquer ».

Que faire, dira-t-on, de l’incise qui mentionne un « acte délibéré » ? N’est-ce pas le signe que le législateur entend malgré tout signaler que la mort du patient résulte d’une intervention active d’un autre agent ?

Poussé dans mes retranchements, je serais bien prêt à admettre qu’il fallait bien, d’une façon ou d’une autre, suggérer que la mort du malade ne survient pas de façon tout à fait spontanée. Ce, d’autant plus que l’article en question est destiné à être inséré, dans le Code de la santé publique, pour compléter l’article 1110-9 relatif aux soins palliatifs :

Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement.

Or il importe manifestement de distinguer les soins palliatifs, qui visent à accompagner la vie jusqu’à ce qu’elle s’éteigne d’elle-même, en soulageant les souffrances physiques et psychiques du malade, de l’acte d’euthanasie, qui tend directement à faire mourir le malade. Parler d’un « acte délibéré » qui permet la mort, ce serait une manière de dire que quelqu’un intervient pour provoquer la mort. Il y aurait donc bien quelque part un agent de cette mort.

Encore faudrait-il, toutefois, qu’il soit dit clairement que l’acte délibéré ne soit pas seulement ce qui « permet » la mort, mais ce qui la provoque. Le rapporteur lui-même est tellement conscient de l’équivoque possible qu’il a proposé dans son rapport une définition de l’euthanasie dépourvue d’ambiguïté :

Celle-ci consiste en un acte délibéré, pratiqué dans un contexte médical, et ayant pour but de provoquer une mort rapide et sans douleur.

Las ! Ces louables clarifications du propos n’ont pas trouvé place dans la rédaction finale. On se retrouve donc avec un texte qui ne permet aucunement de distinguer entre, par exemple, un acte délibéré visant à faire cesser une survie artificielle (ce qu’on appelle l’acharnement thérapeuthique), et un acte délibéré visant à faire mourir quelqu’un. Pour reprendre l’analogie déjà proposée, on ne peut pas faire la différence entre mon geste délibéré de m’écarter pour vous laisser poursuivre votre chute inexorable, et mon geste délibéré de vous pousser fermement en direction du précipice.

La mort est un procès sans sujet

La confusion et les contorsions verbales dont ce petit bout de phrase – une moitié d’alinéa dans un article de code – offre le piteux exemple s’achèvent en beauté, comme il se doit, dans la mention d’« une mort rapide et sans douleur ». Une mort. – La mort de qui ? – Mais la mort du malade qui la demande, bien sûr ! – Pardon, ça n’est pas dit. Il est écrit seulement qu’un malade qui en fait la demande peut bénéficier d’une assistance permettant « une mort rapide et sans douleur ». Ça pourrait très bien être la mort de son voisin de chambre. Ou celle de son oncle Richard. Ou celle de son labrador, tiens. « Je vais quitter ce monde, et je ne veux pas laisser mon fidèle toutou me survivre – le pauvre, d’ailleurs, il pourrait mourir de chagrin, et je veux lui épargner cette souffrance : je vous charge de l’euthanasier à ma  place (je veux dire : en mon nom !) ».

D’accord, j’extravague un peu. Il n’y a, après tout et fort malheureusement, aucun doute sur les intentions des rédacteurs de la proposition. N’empêche qu’aucune des trois propositions initiales ne comportait cette ambiguïté. Chacune parlait d’un malade demandant à bénéficier « d’une aide médicalisée à mourir » (proposition Fisher, art. 1), « d’une aide active à mourir » (proposition Fouché, art. 1), « d’une assistance médicalisée pour mourir » (proposition Godefroy, art. 1). Le choix du verbe, « mourir », oblige à considérer que ce verbe a pour sujet l’auteur de la demande. Mais « une mort », c’est un événement, et la grammaire n’est pas la même. Je ne peux demander qu’on m’aide à mourir sans m’exposer moi-même au trépas. En revanche, je peux demander qu’on m’aide à faciliter « une mort », et même « rapide et sans douleur », sans avoir à craindre pour ma vie. Le milieu appelle ça un contrat. On passe rarement un contrat sur sa propre tête.

Je ne me serais pas appesanti sur cette ultime bévue, si elle ne constituait, dans son absurdité même, une parfaite métaphore de l’ensemble de la proposition. Tout se passe comme si les rédacteurs, préoccupés à l’extrême de faire disparaître les agents de l’acte d’euthanasier, avaient poursuivi la logique jusqu’à faire disparaître le sujet personnel de la mort provoquée. Après tout, rien n’illustre mieux le sens profond de ce texte obscur que cette élimination systématique des personnes humaines. La mort se retrouve à la fin présentée comme un événement dont personne n’est la cause, et dont on ne sait même plus très bien à qui elle arrive. Moralité : si vous voulez faire disparaître des gens, commencez par vous entraîner à faire des phrases sans sujet.

Le cauchemar de Durkheim

Au terme de cette petite investigation purement linguistique, je concède volontiers n’avoir pas dit un mot du fond du problème : alors, l’euthanasie, c’est bien ou c’est mal ? Ce que je pense de la question a pu apparaître au fil de mon propos par plus d’un détail : il ne saurait exister dans une société de droit à demander la mort. Au fond, cependant, je préfère laisser parler les faits. Voici une loi tendant à légaliser l’euthanasie, dont les promoteurs répètent qu’elle correspond aux aspirations les plus profondes de la population, et qu’elle n’a d’autre but que de consacrer l’autonomie des individus.

Si c’était vraiment le cas, je me demande pourquoi l’on s’ingénie à ce point à noyer le poisson. Si c’était vraiment le cas, je me demande pourquoi l’on déploie tant d’artifices pour faire oublier qu’il faudra bien que des gens bien portants fassent leur affaire à des malades en phase terminale. Si c’était le cas, je me demande aussi pourquoi l’exaltation de l’autonomie individuelle devrait conduire à instituer le droit pour les uns de réduire les autres au rôle d’instrument de leur propre volonté.

Serait-ce parce que les multiples tentatives pour légaliser l’euthanasie, qui avançaient moins masquées, ont toujours échoué à emporter la décision des parlementaires ? Serait-ce parce que les partisans de l’euthanasie désespèrent de faire passer celle-ci pour l’ultime expression de la dignité humaine – comme pourrait le laisser penser leur choix d’insérer le texte dans un article sur les soins palliatifs, plutôt que dans un article plus solennel proclament la dignité du malade (ce qui était souhaité par deux des trois propositions sénatoriales) ? Serait-ce parce que l’euthanasie ne semble pouvoir recevoir un jour la sanction de la loi que maquillée en suicide « assisté » ? Serait-ce parce que le meurtre légal ne sera accepté par nos estomacs délicats que lorsqu’on nous aura convaincus qu’il est la forme ultime du « prendre soin » ?

La phrase de Durkheim que j’ai citée en commençant parlait bel et bien du suicide. Mais ce qui m’a frappé dans cette phrase, ce qui la rend pertinente pour le propos d’aujourd’hui, c’est moins qu’elle porte sur le suicide que le fait qu’elle parle de la société. Plus précisément, elle parle du fait que la société tend naturellement à s’aveugler sur sa propre contribution à la mort volontaire de ses membres.

Cette contribution est le plus souvent indirecte : notre façon d’exalter à tout moment la vitalité ; de présenter à l’envi l’image souriante de ces « seniors » au sourire éclatant, bronzés, sportifs, qui ont fini par constituer une cible publicitaire à l’avenir prometteur ; notre idéal même de « l’autonomie », qui fait envisager la perte de celle-ci comme la suprême honte et l’intolérable fardeau – tout cela, c’est assurément notre manière de pousser dehors les vieux et les incurables. Il n’est jusqu’à la précieuse zappette, qu’on leur colle dans la main en allumant le téléviseur de leur chambre d’hospice, qui n’apporte sa caution au rêve de l’auto-zapping libérateur. Tout cela, pourtant, est peut-être encore trop indirect. Nos sénateurs vont devoir se pencher sur ce qui pourrait bien être appelé « le cauchemar de Durkheim » : une loi par laquelle une société se doterait du moyen infaillible de zapper ses membres souffrants, en prétendant que ce sont eux qui ont appuyé sur le bouton.