Économie


Fourvière, à Lyon : la «colline qui prie»

Fourvière, à Lyon : la « colline qui prie »

Le Parlement vient de voter l’adoption du projet de loi autorisant l’extension du travail dominical. La bataille fut rude, dit-on, et c’est une très courte majorité – six petites voix – qui, au Sénat, a permis d’entériner la proposition du député UMP Richard Mallié. Le PS a d’ores et déjà annoncé un recours au Conseil constitutionnel, au motif que le texte créerait une inégalité entre les salariés. Je ne sais si ce recours a quelque chance de succès – s’il y a un constitutionnaliste dans la salle, son avis sera le bienvenu ! – mais, comme simple citoyen, je demeure assez perplexe devant le principal argument avancé par le promoteur de la loi. Celle-ci, a-t-il répété à de nombreuses reprises, n’a pour objet que de mettre fin à l’ouverture illégale pratiquée dans les zones périurbaines de Marseille, Lille ou Paris. Il m’aurait semblé un peu plus logique de mettre fin à cette situation illégale en faisant appliquer la loi, plutôt que de modifier la loi pour faire disparaître le problème…

Il était passionnant de suivre ce débat depuis Lyon. Vieux Parisien, installé à Lyon depuis dix mois seulement, je ne me lasse pas de découvrir ce qu’on peut bien appeler une « identité municipale », variante souvent fort instructive de l’identité nationale dont on a déjà parlé. Que les « vrais Lyonnais » (cette expression, d’usage local invétéré, répond à des critères que j’ai renoncé pour l’instant à circonscrire, mais qui n’en semblent pas moins parfaitement définis), que les vrais Lyonnais, donc, pardonnent d’avance ce que mes observations auront inévitablement de réducteur ou de franchement naïf.

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  • On dit que tout est bon dans le cochon, mais le brave animal est également associé à toutes sortes de turpitudes, de la gloutonnerie à la luxure en passant par la saleté. Crise porcine aidant, le petit cochonnet rose qui plaît tant aux enfants voit sa réputation en prendre un nouveau coup, que décrypte l’historien Michel Pastoureau.
  • Et si la crise économique fournissait une raison de revenir à l’étalon-or ? C’est la question surprenante qu’osent poser un historien, Edouard Husson, et un économiste, Norman Palma, dans un livre iconoclaste et percutant.
  • L’Allemagne vient de reconnaître officiellement l’importance des recherches menées depuis des années par un prêtre français sur la « Shoah par balle », et c’est l’occasion de faire le point sur cet aspect méconnu du génocide.
  • Aux États-Unis, un débat de haut niveau vient d’opposer deux universitaires catholiques à propos des défis et des espoirs suscités par l’élection de Barack Obama. (suite…)
Karl Polanyi (1886-1964)

Karl Polanyi (1886-1964)

Je poursuis ma prudente exploration de cette extraordinaire invention qu’est l’économie. Mon guide en la matière est l’ouvrage magistral de Karl Polanyi, La grande Transformation. Publié en 1944 en anglais, traduit en français bien tardivement (Gallimard, 1983), ce livre s’impose de plus en plus comme l’analyse la plus féconde du siècle qui vit naître et mourir le libéralisme économique. Selon Polanyi, en effet, le libéralisme à l’état pur n’existe plus depuis la crise fatale des années 1930, qui imposa la nécessité de rétablir le lien, rompu par le libéralisme, entre l’économie et la société. Réservant pour une autre fois une présentation plus complète de Polanyi et de son œuvre, je pose ici quelques jalons supplémentaires pour justifier ce terme curieux d’« invention » qui s’impose, me semble-t-il, pour parler de ce qui est devenu pour nous l’économie. (suite…)