Nouvelles du blog


capture d'écranSi mon propre témoignage est de quelque valeur, je veux bien confirmer celui de Physdémon : Philarête existe encore. Enfoui depuis trois mois sous des travaux divers, il respire toujours et aspire à se manifester sous la forme d’un nouveau billet. Les sujets ne manquent pas, mais peut-être une certaine énergie pour les rédiger jusqu’au bout : ce qui, chez lui, signale parfois une ambition démesurée, parfois aussi la simple incertitude sur la teneur du propos à tenir.

Merci, en attendant, à ceux qui ont continué de ferrailler sous différents billets, merci aussi à ceux qui s’inquiètent de moi : si quelque chose est assez puissant pour me ramener au blog, c’est bien cette fidélité des lecteurs !

Certains observateurs sagaces auront peut-être remarqué que ce blog est en panne. Le dernier billet date d’avant le deuxième tour de la présidentielle, et ça m’ennuierait qu’on puisse penser que l’élection de François Hollande m’a rendu coi. C’est simplement la fin de l’année : il y a les examens, les copies, les réunions, et surtout l’empilement des engagements qu’on a cru malin, une fois de plus, de repousser aux mois de mai et juin, en croyant qu’on serait plus tranquille au printemps suivant. Quelques billets sont dans les tuyaux, dont la suite de l’histoire des idées sur le « genre », mais rien n’est à ce jour présentable. Histoire de garder le contact, je couche donc quelques notes qui permettront peut-être de remettre un peu d’animation sur le blog. On va causer radio, mormonisme et anthropologie, dans l’ordre inverse. (suite…)

Ça parle de Moâ

Lorsque Dante, guidé par Virgile, pénètre dans les Enfers, il traverse un premier cercle. On y entend non pas des hurlements, mais des soupirs. C’est le cercle des limbes, où se trouvent ceux qui, quoique pleins de mérites et sans péchés, n’ont pas confessé le Christ. Ils ne souffrent pas, mais ne peuvent accéder à la vision bienheureuse. On y croise les grands poètes païens, Homère en tête, les philosophes, autour d’Aristote, les héros antiques comme Électre, Hector, Énée, César « en armure, avec ses yeux de faucon », et Lucrèce, et bien d’autres, et même, « seul, à part (…), Saladin » – car cet âge généreux était capable de voir dans le vainqueur des Croisés une incarnation des vertus chevaleresques. Et Virgile, lui-même cantonné dans ces limbes, explique au poète qui l’accompagne :

« (…) Et notre seule peine,
Est que, sans espérance, nous vivons dans le désir. »

(suite…)

Oui, je m’engage à publier un nouveau billet sur ce blog avant la fin de la décennie, voire avant la fin de la semaine. J’en ai trois ou quatre sur le feu, mais pas le temps de pousser les feux, encore moins de remuer les sauces. C’est la faute aux copies, aux colloques, et aussi un peu aux copains – les plaisirs et les pensums qu’on a repoussés jusqu’à l’ultime limite de l’année, et qui ressurgissent soudain, tous ensemble, dans le même coin de l’agenda, une fois tournée l’avant-dernière page.

Et quand je vois que koz, par exemple, fait tout un billet (brillant, en plus) pour excuser six jours de silence, je me dis qu’entre les pros et moi, entre les blogueurs de compète et les amateurs du dimanche, il y a un abîme à peu près aussi infranchissable que celui qui sépare, par exemple, le football de la pantalonnade dont l’équipe de France nous offre en ce moment le spectacle.

J’aurais bien un mot à dire sur certain paquet de copies (suite…)

Les noces, toujours un peu équivoques, du sport et de la télévision permettent d’observer de curieux phénomènes. L’interview de sportif, par exemple. C’est un genre en soi. Un type vient de produire un effort physique considérable, il s’est agité en tous sens sur un terrain pendant une heure et demie, ou vient de courir un cent mètres en dix secondes : normalement, il est un peu essoufflé. À sa place, vous auriez envie de respirer, de vous asseoir ou de marcher doucement pour vous détendre, les poings virilement sur les hanches. Lui, à peine sorti du stade, il se voit coller un micro sous le nez, une caméra fait un gros plan sur son visage congestionné, tandis qu’un journaliste commence à l’assaillir de questions débiles.

L’indécence du procédé aurait dû, depuis longtemps, faire exploser le taux d’accidents du travail chez les reporters. Eh, bien, comme vous avez pu le constater, ce n’est pas du tout ce qui se passe en général. Non seulement la victime du harcèlement ne se révolte pas, mais elle se soumet à cette vaine torture, avec une résignation de martyr chrétien.

(suite…)

Le blogueur n’est pas mort. Il traverse juste une autre période chargée, entrecoupée il est vrai d’une semaine de vacances qui, pour mériter ce nom, s’est déroulée à l’écart des ordinateurs, de l’Internet, et même, pour être complet, des journaux, de la télé et des zones couvertes par les réseaux de téléphonie mobile (de telles zones existent, même en France, si, si, il ne faut pas croire ce que racontent les opérateurs).

Tel la concierge qui est toujours « dans l’escalier », même à l’époque des ascenseurs (et d’ailleurs, y a-t-il encore des concierges ?), « je reviens de suite ». La tête farcie d’anglicanisme, prêt à étaler ma science toute fraîche et mes idées qui le sont un peu moins.

Le blogueur, désespérément à court de temps, ne sait que faire pour mettre un peu d’animation dans l’escalier. Il craint même d’ignorer l’art subtil de rédiger un billet expliquant qu’il n’a pas le loisir de rédiger un billet – ce qui est pourtant une façon élégante d’honorer l’espèce de contrat moral qui, me semble-t-il, s’établit qu’on le veuille ou non entre le rédacteur et son lecteur (noter ce singulier prudent…).

(suite…)

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