Afghanes en costume traditionnel durant un meeting à Kaboul

Le billet précédent a suscité de remarquables commentaires. C’est pas pour me vanter, comme disait l’autre, mais le niveau en est sensiblement supérieur à ce qu’on peut lire ailleurs sur le sujet, y compris sous la plume d’éminents universitaires. D’où une saine émulation qui finit par me gagner, au point que je vais essayer de mettre à mon tour mes idées au clair sur l’épineuse question de la « comparaison des valeurs ». En découvrant le plaidoyer de Luc Ferry pour Claude Guéant (accessible ici, à défaut de pouvoir lire l’édition « abonnés » du Figaro), j’ai au moins compris qu’on ne pouvait aller bien loin si la comparaison en question consiste à dire qu’on préfère la liberté à la tyrannie, le savoir à l’ignorance, et l’intelligence à la bêtise. Car c’est à cela que se ramène la citation de Comte-Sponville, dont on conçoit l’intérêt s’il s’agit d’embarrasser la gauche, mais qui peut difficilement passer pour le signe d’une lucidité supérieure. La question de la comparaison des valeurs ne peut commencer à se poser sérieusement que si l’on entreprend de comparer des valeurs avec d’autres valeurs, et non des valeurs avec des négations de valeur. Comme personne, que ce soit ici ou sous les tropiques, aujourd’hui ou dans les temps archaïques, n’a jamais prétendu que son idéal de civilisation consistait dans le non-respect des droits de l’homme, l’oppression des femmes ou l’intégrisme, je pense qu’on peut tenir la contribution au débat du tandem Ferromte-Sponville pour non-avenue, et passer à autre chose.

(suite…)

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